L’axe Christnacht-Calédonie Ensemble-Palika-Goa : épisode « Législatives 2017»

C’est un sujet dont on débat au cours de ces législatives : il y aurait un plan orchestré par Alain Christnacht pour mener la Nouvelle-Calédonie à l’indépendance association avec la complicité de Calédonie Ensemble et des indépendantistes.

La constitution d’un axe Christnacht-Calédonie Ensemble-Palika

En faisant un retour sur l’histoire politique de ces dernières années, en analysant une succession de faits connus, il est assez facile de montrer qu’il existe bien un axe Christnacht-Calédonie Ensemble-Palika et que quelque chose se trame…

Alain Christnacht, un des principaux rédacteurs de l’Accord de Nouméa, s’est mis en tête, avec l’aide de la franc-maçonnerie dont il est un membre éminent, de définir l’avenir des Calédoniens et de les conduire vers un statut d’indépendance, qui en aurait l’apparence, sans en être vraiment une… Mais pour y parvenir, il a décidé de s’appuyer sur des politiciens locaux et a proposé à Philippe Gomés et Paul Néaoutyine d’être les nouveaux Jacques Lafleur et Jean-Marie Tjibaou et de rejouer la poignée de mains à la fin de l’Accord de Nouméa.

A partir de là, tout a été mis en scène pour donner une stature « historique » aux deux poulains de Christnacht comme lors du débat du 17 avril 2009 au Park Royal. Les discours des deux hommes ont progressivement évolués pour devenir plus « compatibles ». C’était le temps où Philippe Gomés nous servait à tout bout de champ sa « petite nation dans la grande Nation » et où Paul Néaoutyine expliquait que nous étions déjà dans l’indépendance, ou biaisait le message envoyé à ses militants en parlant « d’indépendance au présent ». L’objectif était de poser le décors pour préparer un troisième accord débouchant sur une indépendance « arrangée »…

Parallèlement, il était important pour l’axe Christnacht-Calédonie Ensemble-Palika d’affaiblir les autres formations politiques et les provinciales de 2009 pouvaient en être l’occasion. Calédonie Ensemble s’est donc chargé de combattre le RUMP et un montage électoral, « Ouverture citoyenne », a été mis en place par le Palika, la section locale du Parti Socialiste et la franc-maçonnerie locale pour contrer l’UC, l’objectif étant bien d’effacer l’UC de la Province Sud.

Frogier bouscule le plan Christnacht-Calédonie Ensemble-Palika

En proposant la levée des deux drapeaux en 2010, dont le point d’orgue fût la levée des deux bannières au Haut-commissariat de la République en présence du Premier Ministre François Fillon, Frogier est venu bousculer le plan Christnacht-Calédonie Ensemble-Palika. Par son initiative, très bien perçue par l’Union Calédonienne, Frogier se replaçait comme un moteur du destin commun et d’une solution pour l’avenir, ce qui irrita passablement Philippe Gomés. Celui-ci accusa Frogier de conduire le pays à l’indépendance, hurla à la trahison en expliquant que le drapeau de la Nouvelle-Calédonie devait être un drapeau commun et en aucun cas le drapeau kanak. Christnacht vint à son secours en disant que l’analyse du leader de Calédonie Ensemble était la bonne…

De son côté, après quelques hésitations et sans doute sous la pression de ses militants, Paul Néaoutyine finit par se prononcer en faveur du drapeau kanak comme drapeau du futur pays. Une position exprimée du bout des lèvres parce que Frogier venait de faire échouer le projet de drapeau commun concocté par l’axe Christnacht-Calédonie Ensemble-Palika…

Suite au refus de Calédonie Ensemble de s’inscrire dans la dynamique des deux drapeaux, l’UC de Charly Pidjot fit tomber le gouvernement Gomés, lequel provoqua en représailles la chute du gouvernement en cascade, à trois reprises. Il faudra que le congrès de Versailles modifie la Loi Organique pour bloquer l’agitation institutionnelle orchestrée par Gomés…

2012-2016 : Christnacht au secours de Gomés et de Néaoutyine

Alain Christnach se devait bien sûr de protéger ses « poulains » politiques, indispensables à la réalisation de leur plan. En 2011-2012, il s’arrangea donc pour faire classer sans suite les enquêtes qui visaient Gomés dans les affaires des subventions aux fausses associations culturelles et des emplois PPIC fictifs, comme il l’avait obtenu dans l’affaire des climatiseurs vendus à Vale…

En ce qui concerne Néaoutyine, Christnacht est intervenu en sous-mains pour faire reculer le risque que le leader du Palika perde la présidence de la Province Nord au profit du candidat de l’UC, Gilbert Tyuienon, lors des provinciales de 2014. Il fit intervenir le Haut-commissaire de l’époque, Jean-Jacques Brot qui organisa une campagne calomnieuse contre Tyuienon pour l’affaiblir électoralement.

Goa intègre l’axe…

Les premiers travaux d’approche de l’axe Christnacht-Calédonie Ensemble-Palika vers le président de l’UC ont eu lieu à la faveur de l’inauguration de la 2ème ligne de production de l’usine de Posco le 6 mars 2015. Par la suite, Daniel Goa eut plusieurs contacts avec des représentants du Parti Socialiste et Alain Christnacht, qui acheva de convaincre le leader de l’UC de rentrer dans le plan de « l’axe »…

Une des conséquences de ce rapprochement fût bien sûr la décision de Daniel Goa de demander à Jean-Louis Danglebermes de faire la majorité en votant pour Philippe Germain afin qu’il accède, le 1er avril 2015, à la présidence du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie. En récompense, Jean-Louis Danglebermes fût élu à la vice-présidence avec les voix de Calédonie Ensemble…

Enfin, il est plus que probable que ce ralliement de Daniel Goa au plan de Christnacht a permis, lors du comité des signataires de février 2016, de déclarer comme politiquement clos le litige relatif aux inscriptions sur les listes spéciales des élections provinciales.

L’axe Christnacht-Calédonie Ensemble-Palika-Goa et les législatives de 2017

A l’issue des législatives 2017, l’important pour le plan de « l’axe » est au moins que Philippe Gomés retrouve son poste de député. Un stratagème a donc été imaginé pour optimiser les chances de réélection de Philippe Gomés et, si possible, l’élection de Philippe Dunoyer, dans un contexte d’émiettement du camp loyaliste où les candidatures nombreuses rendent incertaines les chances de réussite des candidats de Calédonie Ensemble. D’autant plus que les autres candidats loyalistes sont globalement très critiques vis-à-vis des candidats Calédonie Ensemble, à tel point que Christnacht a été obligé de sortir de l’ombre pour venir au secours de Philippe Gomés face aux attaques d’Harold Martin… Dans ce contexte, dans le cas où les candidats Calédonie Ensemble se retrouveraient face à un candidat loyaliste au 2ème tour, il n’est pas du tout certain qu’ils l’emportent…

Et c’est ce contexte qui donne tout le sens à la présence des candidats Palika à ces élections. Beaucoup d’observateurs se sont étonnés de la volonté du Palika de participer coûte que coûte, à 15 mois du référendum, aux législatives alors que le congrès de l’UC a décidé en novembre 2016 de faire l’impasse sur ces élections nationales, pour mieux – ont dit les responsables UC – se préparer pour le référendum de 2018. Cette participation est d’autant plus étonnante que le Palika sait parfaitement que le découpage électoral ne permet pas l’élection des candidats indépendantistes…

Participation étonnante du Palika ? Sauf si l’objectif n’est pas de se faire élire mais de viser un autre objectif… Et c’est bien là le plan de l’axe Christnacht-Calédonie Ensemble-Palika-Goa à l’occasion de ces législatives : faire que les candidats Palika (au demeurant francs-maçons…) se retrouvent au 2ème tour face aux candidats Calédonie Ensemble, afin que les candidats loyalistes éliminés au premier tour soient contraints d’appeler à voter pour Philippe Gomés et Philippe Dunoyer… On imagine en effet que les loyalistes battus au 1er tour auraient des difficultés à expliquer à leurs électeurs pourquoi ils ne s’engagent pas à faire battre les candidats indépendantistes. Et le tour est joué !

Une fois réélu, Philippe Gomés pourra continuer à porter, aux côtés de Paul Néaoutyine et d’Alain Christnacht, le projet d’indépendance « arrangée » qu’ils partagent derrière leurs discours de façades… Mais un projet d’une certaine indépendance, sans quoi les leaders indépendantistes ne seraient pas entrés dans ce jeu…

Vous êtes libre de ne pas croire à cette démonstration mais les faits sont têtus. Comme l’épisode où Calédonie Ensemble, via Philippe Germain, s’opposait aux exportations de nickel en 2015, comme l’exigeait le Palika…Et si vous reconsidérez tous les faits dont nous avons parlé dans cet article, vous serez obligés d’admettre qu’ils sont reliés par un fil invisible, le fil d’un plan secret…

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2 Commentaires

  1. Ben voilà, la stratégie a fonctionné sur la 2ème circonscription. Gomés est face à son pote Louis Mapou… Il est donc sûr d’être réélu car les autres loyalistes vont être obligés d’appeler à voter pour lui…
    Et ce magouilleur, champion du double jeu, qui essaye de se faire passer pour un défenseur de la Calédonie dans la France… Ceux qui le croient n’auront que leurs yeux pour pleurer dans quelques années…

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  2. Et Goa qui lance un appel personnel à voter Mapou… La boucle est bouclée : en fait l’objectif n’est pas de faire élire Mapou. Cet appel n’a pas d’autre effet que d’exciter les loyalistes pour d’aider à la réélection de Gomés en incitant à un report de voix maximum des loyalistes sur Gomés… Une stratégie entre francs-maçons…

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