1er tour des législatives : l’abstention en tête

Les électeurs ont voté. Les résultats définitifs du 1er tour des législatives sont tombés vers 22h ce dimanche 11 juin 2017.

Les premiers chiffres qui ont sauté aux yeux de tous sont bien sûr les taux de participation historiquement faibles : 33,94% pour la première circonscription et 37,17% pour la deuxième, des taux qui traduisent certainement un désintérêt pour ce scrutin et qui s’inscrivent malgré tout dans une tendance nationale. Le niveau de participation est tellement faible qu’aucun des candidats n’a atteint le niveau des 12,5 % des inscrits pour pouvoir se maintenir. Ceux retenus ont donc tous été repêchés…

Les explications locales (vacances scolaires, mariages…) sont bien trop légères pour expliquer une telle désaffection. Le surnombre de candidatures peut avoir poussé certains électeurs à attendre la clarification du 2ème tour mais cela est sans doute une cause marginale…

Il est plus vraisemblable que beaucoup de Calédoniens ressentent de plus en plus que les parlementaires calédoniens ont un rôle relatif, voire marginal, par rapport aux enjeux économiques, sociaux et sociétaux calédoniens.

Résultats moroses pour toutes les formations politiques

Si on fait des comparaisons avec le premier tour des législatives de 2012 sur les deux circonscriptions, par formation politique (malgré les mutations…), il apparaît bien sûr que la plupart n’ont pas progressé en voix malgré une croissance du corps électoral et qu’elles ont toutes souffert du taux d’abstention :

2012 2017
Front National 4 277 6 262
Indépendantistes 21795 14 768
Calédonie Ensemble 23 874 16 742
Rassemblement UMP devenu Les Républicains + UCF  19 693   16 913

Le Front National est la seule formation à avoir progressé, du fait qu’elle était présente sur les deux circonscriptions en 2017 et parce le FN local a sans doute bénéficié de la dynamique de Marine Le Pen au plan National, mais modestement…

Calédonie Ensemble est sans conteste une des formations qui a subi une importante érosion de sa base électorale avec un recul de plus de 7 000 voix. Philippe Gomés passe de 14 470 voix en 2012 à 8 962 soit une perte de 5 508 voix, tandis que Philippe Dunoyer réuni 7 780 voix sur son nom contre 9 404 pour Sonia Lagarde en 2012. Nul doute que ce recul doit être bien mal vécu, surtout par le député sortant Philippe Gomés…

Les Républicains, héritier du Rassemblement-UMP a subi plusieurs scissions qui ont affaibli sa base électorale d’origine.

Indéniablement, le résultat des indépendantistes a été impacté par la décision de non participation de l’UC avec 7 000 voix de moins qu’en 2012 malgré l’accroissement du corps électoral.

Backes et Gomés bien placés

Sur la 1ère circonscription, les jeux ne sont pas faits. Bien qu’en ballotage favorable avec 27,88% (7 780) des voix, le candidat Philippe Dunoyer n’est pas assuré de bénéficier d’un report de voix suffisant pour l’emporter. Face à lui, il avait trois candidats appartenant aux Républicains qui ont totalisé 13 167 voix soit 47,18% (S. Backes : 4 821 soit 17,27%, G. Yanno : 4 425 soit 15,86%, B. Deladrière : 3 921 soit 13, 05%). Si l’on ajoute le score de la candidate du Front National Mme Balmelli (1 884 soit 6,75%) qui selon toute vraisemblance ne fera pas voter P. Dunoyer, on peut penser que le candidat Calédonie Ensemble doit faire face à une forte adversité. Si la discipline des Républicains s’applique, on peut penser que Sonia Backes sera élue avec un report de voix confortable. Mais c’est peut-être sans compter avec les tractations d’états-majors qui peuvent être dictés par des calculs peu glorieux…

Sur la 2ème circonscription, les jeux ne sont pas faits mais les chances des candidats repêchés ne sont pas tout à fait les mêmes. Bien qu’arrivé en 2ème position avec 23,94% des voix (8 962), Philippe Gomés bénéficie d’un potentiel de report de voix important qui se sont portées sur Gil Brial (3 746 voix soit 10%), Pascal Vittori (2 256 voix soit 6,83%), Bianca Hénin (4 378 soit 11,69%) et bien sûr Harold Martin (5 752 soit 15,36%), ce qui dans l’absolu ferait 25 094 voix. Même si on peut supposer que tous les électeurs loyalistes, en particulier ceux qui ont suivi H. Martin, pourraient ne pas se déplacer pour voter parce que le personnage Gomés les rebute, cela ne mettrait pas vraiment en danger l’élection de P. Gomés. L’histoire des législatives calédoniennes démontre que le découpage électoral favorise les candidats non indépendantistes à tous les coups…

De son côté, le candidat Palika (11 262 soit 30,08%) ne peut compter sur le report de voix d’autres candidats indépendantistes, son potentiel réside donc dans la mobilisation des abstentionnistes et en particulier de l’UC. L’appel de D. Goa à voter Mapou en dépit de la décision de l’UC de ne pas participer aux élections nationales fera-t-il la différence ? L’UC étant un parti où les débats sont vifs et les militants disciplinés lorsque des décisions sont prises, on peut penser que l’appel transgressif de Goa aura un impact relativement limité et que le handicap de Mapou sera difficile à combler…

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