La DITTT sans directeur : Germain ne veut pas d’un directeur kanak !

Il se passe vraiment des choses pas nettes dans ce gouvernement. Alors que le directeur de la DITTT a fait valoir ces droits à la retraite fin juillet, le gouvernement ne lui a pas désigné de successeur, laissant cette importante direction technique de la Nouvelle-Calédonie sans directeur !

Nous avons été alertés en prenant connaissance de l’ordre du jour du gouvernement du 1er août 2017 où apparaissait cette question de la direction de la DITTT et en constatant que le gouvernement n’avait pas donné suite…

Cette situation ne doit, en principe, jamais arriver car avant tout départ de directeur, un appel à candidature est lancé plusieurs mois avant et le choix parmi toutes les candidatures est fait par un jury. Que s’est-il vraiment passé ?

Nous nous sommes renseigné. Nous avons appris qu’en fait, il y a bien eu un appel à candidature il y a plusieurs mois, que 5 candidatures ont été reçues, 4 candidatures de personnes extérieures au territoire et d’un candidat local, d’origine kanake.

Le jury a bien eu lieu. Les 4 candidats extérieurs ont été auditionnés par skype et le candidat local a défendu sa candidature devant le jury. A l’issue, la position du jury a été sans appel et a classé le candidat local en première place.

Et de l’avis général, M. Georges Séléfen, a fait une très bonne prestation. Il est vrai que ce candidat occupe depuis trois ans la fonction de directeur adjoint de la DITTT, qu’il est très bien noté et qu’il maîtrise manifestement bien le fonctionnement de cette direction. « En outre, il a une bonne vision des enjeux de cette direction et des objectifs à atteindre » nous a-t-on confirmé du côté de l’administration.

Cela n’est pas vraiment étonnant, car il s’avère que M. Séléfen a suivi un cursus qui lui a permis d’acquérir un bon niveau de qualification et d’expérience. Après une formation d’ingénieur en aménagement, il a travaillé une douzaine d’années en métropole, avant de revenir travailler quelques années à la SIC, puis d’intégrer la DITTT en tant que directeur adjoint pendant trois années. On ne peut que se réjouir que certains jeunes du pays, en particulier kanaks, parviennent enfin à des niveaux de compétences qui leur permettent d’occuper avantageusement des postes de responsabilité. N’était-ce pas un des objectifs de l’Accord de Nouméa ?

Une incroyable série de manœuvres pour bloquer la nomination de M. Séléfen !

Devant ces conclusions, rien n’aurait dû empêcher que M. Séléfen soit nommé directeur. A plusieurs reprises, le membre du gouvernement chargé de la DITTT, M. Tyuienon, a demandé que la nomination de M. Séléfen soit inscrite à l’ordre du jour, ce que Philippe Germain a toujours refusé, sans explications. Pire, le président du gouvernement a même demandé à la DRH-NC, sans plus d’explications, qu’un appel à candidature soit relancé !

Nous sommes bien devant un abus de pouvoir caractérisé car la nomination des directeurs dépend bien du vote des 11 membres du gouvernement et la règle est qu’en matière de  désignation d’un chef de service ou d’un directeur, c’est le membre du gouvernement chargé du service qui doit décider de la candidature soumise au vote… Mais avec Germain, il ne faut plus s’étonner de rien. Ses abus de pouvoir sont quotidiens et il a tué la collégialité…

En fait, Germain sait très bien que s’il soumet le texte de la nomination du directeur de la DITTT au vote du gouvernement, il sera certainement battu et Séléfen sera nommé.

Depuis, pour essayer de justifier de son refus, Germain a demandé à ses collaborateurs d’enquêter pour essayer de trouver quelque chose à reprocher à M. Séléfen. Pitoyable ! Inadmissible !

Le dernier épisode de cette scandaleuse affaire, c’est donc le 1er août dernier où, en fait, Philippe Germain voulait que l’ancien directeur, M. Jean Laurent, soit nommé directeur par intérim, ce que Tyuienon a refusé… Donc aux yeux de Germain, Séléfen ne doit même pas occuper le poste de directeur par intérim, alors qu’il a assuré plusieurs fois cet intérim, avec succès, durant les trois dernières années. Si ça, ce n’est pas du racisme !

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que Philippe Germain essaie de faire barrage à la nomination de Kanaks à des postes de responsabilité…

Et dire que le Président de la Province Sud, Philippe Michel, ne cesse de claironner dans les médias qu’il faut travailler à l’apaisement et discuter avec les indépendantistes pour que la fin de l’Accord de Nouméa se déroule bien… Il va falloir qu’il aille expliquer ça à Philippe Germain parce que là, « on est fin mal barré », comme dit le titre de la pièce…

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2 Commentaires

  1. Et ça veux donner des leçons au monde et faire croire que la France c’est liberté égalité fraternité (très belles devises : qui ne veulent rien dire). république bananière.

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  2. Ça c’est pas normal, y se prend pour qui le Germain… Si le mec il a été bien sélectionné par un jury, il n’a pas à faire obstacle. Mais c’est vrai que c’est un adepte del Dictador !!!
    En plus ya eu beaucoup de locaux directeur de la DITTT…

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