Pourquoi Germain ne doit plus être Président du gouvernement…

La plupart des journalistes et autres analystes de la politique calédonienne sont complètement à côté de la plaque à propos du blocage concernant l’élection du Président du gouvernement.

En fait, les divergences héritées des législatives et autres sénatoriales souvent invoquées, les inimitiés personnelles, ont peu à voir avec ce blocage. Le vrai problème vient de la personnalité et du comportement de Philippe Germain, un personnage qui n’est vraiment pas à la hauteur de la fonction…

Germain se prend pour le président de la Nouvelle-Calédonie…

Philippe Germain a clairement pris la grosse tête en se prenant pour le président de la Nouvelle-Calédonie alors qu’il n’est que président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.

Effectivement, la réalité juridique et politique, c’est que Philippe Germain n’est pas le président de la Nouvelle-Calédonie, dans le sens où il n’a pas été élu par les électeurs calédoniens… Il n’a pas de légitimité électorale issue du peuple. Il n’est élu que par les onze membres du gouvernement qui lui délèguent le pouvoir de signer pour tous les actes administratifs et décisions votées par le gouvernement. Le problème, c’est que Germain utilise cette délégation de pouvoir pour contrer et mettre les autres membres du gouvernement en difficulté. On comprend pourquoi, en dehors de son camp, personne ne veut voter pour lui…

Malgré que les secteurs soient répartis entre les membres du gouvernement comme le prévoit la Loi Organique, Philippe Germain passe son temps à faire de l’ingérence, à mettre la pression sur les administrations pour contrer les projets des autres membres du gouvernement.

Quand des délibérations produites ne lui plaisent pas, et qu’il n’est pas assuré d’avoir une majorité qui l’arrange, il ne les inscrits pas à l’ordre du jour des réunions du gouvernement…

Quand les administrés ou les autres institutions écrivent au gouvernement, ils adressent bien sûr le courrier au président du gouvernement, quel que soit le sujet, c’est l’usage. Depuis le début de l’Accord de Nouméa, la règle est ensuite que les courriers sont ensuite dispatchés vers les membres du gouvernement en fonction des secteurs dont ils ont la charge. Depuis que Germain est président, le bonhomme prend ça au premier degré et se permet de répondre à la place des autres membres du gouvernement avec des courriers de type « je suis favorable à… » ou « je suis défavorable à… », sauf que la moitié du temps, ce n’est pas la position des autres membres du gouvernement et en final, ce n’est pas ce qui sera appliqué… En attendant, le parasitage de Germain sur des secteurs ne dépendant pas de lui, aura fait perdre de semaines, voire des mois…

Le plus inadmissible dans cette affaire, c’est que Philippe Germain fait ouvrir par son cabinet, les courriers adressés nominativement aux autres membres du gouvernement. On se croirait en Corée du Nord…

Le mensonge, la manipulation et le trafic d’influence comme méthode de gouvernance

En premier lieu, on est obligé de remarquer que Philippe Germain, après avoir violemment attaqué Cynthia Ligeard sur la question des collaborateurs et des coûts de fonctionnement du gouvernement, a fait bien pire que ses prédécesseurs en s’attribuant un très grand nombre (25) de collaborateurs. Mais c’est sans doute parce qu’il estime qu’il est à part et qu’il le mérite…

Et le mensonge va au-delà de nos frontières. Friand de voyages, Philippe Germain n’hésite pas à sauter dans un avion au moindre prétexte, même sans en référer aux autres membres du gouvernement, mais ça ne l’empêche pas de parler au nom du gouvernement. Et même lorsqu’il n’est plus officiellement président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, il va parler au nom de ce gouvernement comme ce fût le cas lors du dernier forum des Pays du Pacifique. Autant dire que lorsqu’ils l’ont compris, les chefs d’Etat du Pacifique n’ont pas apprécié de se faire berner…

Rien ne fait peur à Philippe Germain. Pour essayer de récupérer le bénéfice de certaines initiatives lancées par d’autres « ministres » et impliquant des relations avec l’international, il s’arrange pour les court-circuiter en envoyant des fonctionnaires à leur place. Puis, quand il perçoit un intérêt électoral dans un dossier, il s’empresse de communiquer avec la presse pour faire croire qu’il en est à l’origine… Notons que par facilité, les médias relayent cette récupération, souvent sans vérifier, pensant peut-être que le président du gouvernement ne peut mentir… Ben voyons…

Rien ne fait peur à Philippe Germain. Il n’hésite pas à faire intervenir son chef de cabinet, Pierre Gey, ou le secrétaire général, M. Alain Marc, pour faire pression sur les directions et la commission d’appel d’offres de la Nouvelle-Calédonie afin de privilégier les copains économiques de Calédonie Ensemble, même s’ils ne sont pas les mieux placés sur les marchés…

Avec les mêmes complices, il monte des coups et des campagnes de dénigrement contre ses « collègues ». Tous ceux qui n’ont pas ses grâces ont été un jour dans son collimateur : Ligeard, Lecren, Tuyenon et même Thierry Cornaille et Hélène Iékawé qu’il trouve nulle…

Pour couronner le tout – et ce n’est pas le moins grave – Germain chargé de l’économie et de la fiscalité a laissé s’installer une gabegie dans ce secteur. Après les déclarations et les coups de communication autour de l’agenda économique et social partagé (soit-disant…), après le cinéma autour du pseudo programme « Pulse », plus rien ne bouge, aucune mesure ne vient en soutien de l’économie et pour rassurer les entreprises et les investisseurs. Philippe Germain est trop occupé à monter des coups tordus et à mettre des peaux de banane sous les pas de ses collègues du gouvernement pour vraiment s’occuper d’économie…

Calédonie Ensemble et la plateforme responsables du blocage

Depuis la réélection des membres du gouvernement, les ténors de Calédonie Ensemble ne cessent de clamer qu’il n’est pas normal que Philippe Germain ne soit pas réélu Président du gouvernement. Ben voyons…

On peut d’abord leur rétorquer que c’est eux qui ont fait tomber le gouvernement alors qu’ils pouvaient simplement remplacer Philippe Dunoyer, sans faire tomber le gouvernement. Ensuite, ils n’ont qu’à choisir dans leurs rangs un candidat plus compétent, plus fédérateur, capable d’apaiser le fonctionnement de l’institution et de ne pas gêner la fin de l’Accord de Nouméa…

Mais de grâce, pour le bien du territoire et de la population, qu’on ne remette pas un président que tous décrivent comme le pire depuis l’Accord de Nouméa…

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